Moi, c’est Myriam; et cette beauté féline s’appelle Shakira.
Nous nous sommes rencontrées au Pérou lors de mon voyage à vélo en 2024. Depuis, nous ne nous sommes plus quittées.
Le 13 mars 2024, j’ai quitté Nantes à vélo avec une idée assez simple : rejoindre l’Amérique du Sud.
Je pensais partir pour un voyage à vélo en direction de l'Argentine. Je ne savais pas encore que la route allait me faire changer de trajectoire.
Au fil des mois, j’ai partagé le quotidien de voyageur·es argentin·es, découvert une Amérique latine loin des images véhiculées depuis l’Europe et appris à vivre autrement. J'ai été plongée dans une réalité plus brute, plus humaine et parfois plus précaire que tout ce que j’avais imaginé avant mon départ.
Ce voyage n’a jamais été une quête de performance. Je ne suis pas partie battre des records, accumuler des kilomètres ou collectionner des sommets. Ce qui m’intéressait était ailleurs : avancer sans trajectoire figée, m’adapter à ce que la route impose et composer avec ce qui se présente.
De cette aventure est né Mon rendez-vous avec le Sud.
Un récit de voyage à vélo, bien sûr. Mais aussi une immersion dans une autre manière de vivre, loin des idées reçues et des récits d’aventure formatés.
Ce livre est autoédité. Un choix pleinement assumé.
Pas par défaut, ni par manque d’autre option, mais parce que ce projet suit la même logique que ce qui l’a fait naître : indépendance, liberté et construction au fil du chemin, avec les moyens de la route et le soutien direct de celles et ceux qui souhaitent en faire partie.
Le projet est porté par ma micro-entreprise Onda Rodante — « la vague en mouvement » — née de cette envie de faire du voyage, de l’écriture et du partage un véritable projet de vie.
Merci de faire partie de l’aventure.
Pages 134 et 135 « [...]
Le soir, j’ai maintenant un feuilleton à observer. Les chatons grandissent à vue d’œil. Iels prennent du poids et deviennent plus agiles.
Un soir, Shakira aperçoit un oiseau posé sur le sable. Cachée derrière une brindille, elle se met en tête de le chasser.
Ça commence tôt, ces choses-là. Évidemment, la proie, trois fois plus grande qu’elle, n’est pas dupe et s’est envolée.
Pour les repas, manger en tailleur au sol est devenu un peu plus compliqué avec deux chatons. Si Hueso attend sagement les restes, les félins ont une autre stratégie. Aux premières odeurs, Mar braille comme un fou. Leur réflexe est de venir sentir la nourriture. Il faut agir vite. Systématiquement, on les repose au sol. Plusieurs fois.
Jusqu’à ce qu’on comprenne : pour pouvoir manger tranquillement, il faut les servir en premier... Soit.
Le matin, je me fais réveiller par les chatons. Bien qu’iels ne rentrent pas dans ma tente, il semblerait qu’iels l’apprécient beaucoup. Iels viennent jouer dans l’abside. Le tissu fait un bruit qui leur plaît. En plus, iels peuvent se mettre chacun d’un côté et se donner des coups de pattes. Trop mignon !
Jusqu’à ce qu’iels pètent un câble et veuillent grimper sur le toit de la tente ! On dirait qu’iels se sont lancé le défi d’atteindre ce point précis, coûte que coûte. Sauf qu’en version chaton, ça veut dire escalade !
Non seulement leur poids peut faire plier ma tente, mais avec leurs petites griffes iels font des trous dans la toile ! Ah ! Ma chambre est criblée de petits trous, assez larges pour que des moustiques puissent entrer !
Je prends le temps de faire les réparations grâce aux patchs bleus. Mais maintenant, ce sont les patchs qu’iels prennent pour des bichos !
Je crois bien que je ne pourrai jamais revendre cette tente...
[...] »
Page 140 et 141 « [...]
Dernier jour à Lobitos, dernière altercation avec El Loco.
Au matin, on plie enfin bagage pour prendre la route direction l’Équateur. Mais avant ça, arrêt à Talara pour aller porter plainte. Pour sortir du village, il faut repasser devant la garde du serenazgo.
Avec toute cette histoire, ils nous reconnaissent et nous laissent partir avec notre réparation de fortune. Mais l’ambiance n’est pas au top. Avec Nazarena, on ne se sent pas en confiance pour pédaler. Moi, j’ai peur que le fou nous suive en moto…
On fait demi-tour et on engueule le serenazgo de ne rien faire, de savoir qu’El Loco est fou et qu’aucune sanction n’est jamais prise.
On finit par obtenir leur aide pour avoir le nom complet de
la personne contre qui on va porter plainte. Il s’appelle Granda Elsaca Eduardo Enrique.
Sûrement galvanisés par le sentiment de servir enfin
à quelque chose, les agents du serenazgo chargent nos vélos dans un pick-up et nous déposent au commissariat de police de Talara. Je ris en voyant les officiers sans ceinture de sécurité, téléphone au volant !
On fait le dépôt de plainte à trois, mais dans le compte rendu, la plainte est uniquement au nom de Leandro… L’homme du groupe. Putain de macho.
On sait qu’il ne se passera rien de plus dans cette affaire.
[...] »